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GROUPES ET PEUPLES DU KARVENDOR
Richard CACHIA - Mai 2003

LES PEUPLES DU KARVENDOR

Les Karveks

Les Woses

Les Dunedain

Les Haruze

CHRONIQUES D'EMYN POROS


La légende de Këarva la mère-araîgnée

Le Grand Felin

L'araîgnée de la nuit

Les amours de la Reine-Archéologue

LA CARTE DES CLANS KARVEKS


Les KARVEKS
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Chef Fëargan Les Karveks sont une branche des Daen Lintis (" Dunlendings ") qui peuplaient au Second Age l'ensemble des Montagnes Blanches et la basse vallée de l'Anduin. Ils ont subit l'influence culturelle, linguistique et ethnique des tribus du procheHarad, ainsi que la houlette souvent bienveillante mais toujours ferme des Rois de Gondor et de leurs vassaux les Seigneurs d'Emyn Poros. Très attachés aux traditions d'honneur et de fierté, ils restent sans doute les Daen Lintis les plus typés, les plus résolument indépendants. En plus de leur propre langue (le Karvek, dérivé du Dunaël), ils connaissent un peu du Langage Commun qu'emploient tous les Gondoriens, ainsi que le langage des hommes du sud, l'Haradaïc. Grands commerçants, ils sont très durs en affaire et extrêmement travailleurs. S'ils sont respectueux des autres civilisations, ils n'admettent pas l'ingérence des Dunedain (les " hommes lourds " dans leur langue) dans leurs propres affaires.
Encombrés d'un sens de l'honneur extrêmement rigide selon leurs voisins, les Karveks conservent leurs différences avec une vigueur parfois belliqueuse.
Chef Karvek Grands montagnards et excellents chasseurs, les Karveks sont aussi agriculteurs et éleveurs. Leur civilisation est capable de produire d'excellents ouvrages de bronze ou de cuir, qui restent une image bien affaiblie de leur savoir de jadis. Par contre, l'art des flûtes, cher aux pâtres de haute montagne, se perpétue en transmettant les mythes et légendes d'un peuple qui s'accroche à ses racines de façon forcenée. Par contre les antiques Trompes et Tambours de Guerre, qu'autrefois les Karveks utilisaient pour terroriser l'ennemi avant l'assaut, ont complètement disparu. L'art Karvek est encore extrêmement vivace: en effet les Karveks ne disposant pas de l'écriture, ont perpétué le savoir oralement, d'où l'importance de la musique, de ses rimes et strophes, qui permettent de mieux retenir la tradition.
De plus la connaissance Karvek en matière de magie et d'ensorcellements semble unique dans cette partie de la Terre du Milieu: malgré le manque d'écriture, les Chamans savaient fixer des glyphes et conserver des sorts au moyen de symboles représentant des principes. Ainsi toute borne sculptée au bord du chemin est un charme contre l'influence maléfique d'esprits sylvestres, un avertissement contre un danger, ou une maxime d'honneur typiquement Karvek...
Eclaireurs de Yavïn Vivant le plus souvent dans des huttes de pierres, de bois et de boue séchée, les Karveks ont largement oublié les arts de l'architecture et de la construction. Bien qu'ils soient toujours grands excavateurs, les Karveks ne savent plus construire les voûtes, escaliers en colimaçon et majestueuses colonnes qui ornaient les forteresses et les temples d'autrefois...
Les Karveks sont assez mats de peau, de taille moyenne (1m75 ho, 1m60 fe). La tendance dans le Haut Pays est même à une peau légèrement bleutée, qui vient dit-on de l'action conjuguée d'une herbe aux protéines rares (l'Haltafan) et de l'altitude. Les hommes portent barbe et moustaches; leurs tuniques sont taillées dans des tissus à dominantes vertes ou rouges, qui révèlent le clan de leur propriétaire. Armes de bronze et tuniques de cuir sont monnaie courante, mais les cottes et armes en acier s'avèrent plus difficiles à trouver.

Les femmes se parent de bijoux de bronze et d'argent et tressent leurs cheveux sombres de mille et une façons complexes, qui révèlent le statut de leur famille, leur âge, le nombre de leurs fils, et plusieurs autres détails que seul un karvek peut déterminer du premier coup d'oeil.


Dans la société Daen Lintis antique, il semble que le rôle de la femme ait été bien plus important qu'il ne l'est aujourd'hui. La proximité du Harad se fait sentir par la position inférieure dans laquelle elle est désormais cantonnée : l'épouse est considérée comme un bien, qui ne possède pas d'âme pour n'avoir pas été éduquée à la façon des hommes. En dehors de sa maison, la femme n'a aucune indépendance ni même aucune existence propre!

Karveks du Haut-Pays Ce n'est qu'avec la maternité et l'assurance d'une descendance mâle que la femme acquiert un statut et un respect social. Elle ne prend pas la parole en public, baisse les yeux devant les hommes, et ne possède une autorité que sur ses enfants. Dans le Haut Pays, la coutume d'enlever sa future épouse existe toujours de façon littérale: les rapts conjugaux ne sont pas tous consentis... Bien entendu, la plupart des familles " éclairées " du Bas Pays, en Morthec Yavïn par exemple, qui conserve de façon plus précise les traditions antiques, donne une éducation importante aux jeunes filles et considère la femme comme l'égale de l'homme, mais ne le montre pas en public.
Pour le profane, la mentalité Karvek est assez difficile à saisir. Consultez ci-après lesquelques textes, trouvés à la bibliothèque d'Emyn Poros, permettent de mieux cerner certaines de leurs valeurs fondamentales. Voir également lesquelques pistes d'aventures instantanées.
Depuis l'aube des temps, les Karveks révèrent un panthéon d'Esprits de la Nature. Profondément animistes, ils règlent les détails de leur vie en fonction des superstitions ou croyances liées à leur environnement: l'eau d'une source enchantée, la combe d'un bois hanté, une race d'animal sacré... Profondément respectueux de la nature, ils révèrent surtout Yavanna comme Déesse de la Terre, et Oromë comme Dieu de la chasse. Les plus grands serviteurs de ce culte furent les Chamans Woses du Second Age, maintenant disparus. Leur souvenir est perpétué par les Animistes des temples de l'Antique Foi, dont dispose chaque village.

Mais ce culte, le plus ancien des Karveks, est maintenant intimement lié à une croyance qui apparut durant les années sombres du second âge: le mythe de la vie après la mort et le désir de préserver l'existence dans un Corps de Pierre. Cet art, que connaissaient les Daen Lintis, fut perverti par les envoyés de Sauron venant prêcher la peur de la mort et la gloire des choses sombres qui rampent sous la terre. La nuit, la mort et la quête d'essence vitale prirent une importance croissante dans la mythologie Karvek. Les us et coutumes religieuses Karvek évoluèrent vers des croyances plus pacifiques et moins sombres, à partir du début du Troisième Age, mais la découverte des catacombes de Dürcenn, et l'exploitation qu'en fit la secte de la Lumière Noire ruinèrent cette influence civilisatrice. La découverte de cette araignée géante donna un essor considérable à la secte. Depuis les deux tendances cohabitent, l'Heren Calamorion insinuant sa violence et sa malice dans les mythes de l'Antique Foi du Karvendor.

Les WOSES
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Les Drüedain (ou Woses) sont un peuple très ancien vivant reclus dans les forêts retirées de cette région d'Endor. Très liés, depuis l'aube des temps, aux tribus des Daen Lintis peuplant les montagnes de Gondor et la basse vallée de l'Anduin, ils se sont séparés d'eux lorsque apparurent les cultes Sauronniques, qui pervertirent les Daen Lintis durant les années sombres. Ainsi très peu de Drüedain subsistaient dans les forêts du Karvendor au début du 3ème âge. Vivant en marge des communautés Karveks, ils finirent par s'éteindre, décimés par les Ours-garous des Rüsstakhs, non sans laisser des vestiges importants et une science depuis tombée dans l'oubli : celle des Pükels.
Guerrier Wose De petite taille et de conformation très fruste, ces hommes sont vêtus de pagnes et vivent dans des huttes rudimentaires de la forêt. Se nommant eux-même Woses, ils ont des membres et une tête calleuse, ainsi qu'une peau rugueuse qui les fait ressembler d'avantage à une pierre massive qu'à un être humain. La plupart des autres hommes, mis à part les Daen Lintis, les nomment les Hommes Sauvages, et en ont peur, car les Woses utilisent des flèches empoisonnées.
Haïssant les orcs depuis la nuit des temps, ils s'avèrent de redoutables combattants en forêt, d'où l'on ne ressort jamais sans leur volonté. D'une immense droiture morale, les Drüedain vivent sans histoire dans leurs bois en évitant les autres humains et les turpitudes de leurs civilisations. En l'an 1000 du Troisième Age, les seuls groupes connus de Woses habitent la Forêt d'Anorien, l'embouchure de l'Isen, le cap d'Andrast et les collines d'Eryn Vorn.
Les HARUZE
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Ces hommes vivent au sud d'Harondor et de Mordor dans les terres autour et à l'est d'Umbar. Ils forment des confédérations peu stables, constamment en guerre les unes contre les autres. Ils sont de grands commerçants et de grands voyageurs qui s'adaptent facilement aux autres peuples, comme en Umbar ou en Harondor, où ils forment une part importante de la population. Physiquement, ils sont petits (moyenne: 60Kg pour 1m65), leurs cheveux sont sombres et leurs yeux marrons foncés.
Souvent méprisés par les races plus grandes, ils ont la réputation d'être violents, colériques et dangereux. Pourtant leur civilisation raffinée aeu de nombreux rapports au Second Age avec les colons Numénoréens. Dans leur propre pays, le Harad, ils vivent très souvent comme des nomades, et sont des cavaliers émérites, mais dans les zones urbaines, ils adoptent tous les métiers. Dans les métropoles Gondoriennes, les immigrés pauvres échappent pourtant rarement à la mendicité. 

A plusieurs reprises, des tribus entières ce sont fondues dans la population du sud du Karvendor. On appelle ce peuple les Harado-Karveks. Ils sont un facteur de subsistance du Karvendor, car ils constituent un apport démographique important que Gondor n'apprécie pas. De plus la culture fortement dominante du Karvendor a su intégrer ces nouveaux-venus et en faire des nationalistes fervents....


Les DUNEDAIN
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Au Premier Age d'Arda la Terre, les Hauts Elfes firent la guerre à Morgoth le Noir, prince des Ténèbres. Les trois maisons des Edain, les humains, firent alliance avec eux contre les hordes de démons et de dragons qui envahissaient les royaumes elfiques de Beleriand. Lorsque la guerre prit fin avec la défaite de Morgoth, les Valar, les Puissants de ce monde, firent jaillir de la mer une île de beauté, de paix et d'harmonie qu'ils offrirent aux Edain en gage de leurs souffrances et de leur courage dans leurs luttes face aux puissances du mal. Ils l'appelèrent Nüménor. Durant plusieurs siècles ces rois parmi les hommes prospérèrent et grandirent en sagesse. Chéris des Valar, ils acquirent une stature et une longévité bien supérieure à celle des autres humains. En effet au Premier Age, quelques princes des trois maisons des Edain épousèrent des princesses Elfes de haut rang. L'une d'elles avait pour mère la maïa Melian, d'essence séculaire. Ainsi les Edain portent-ils du sang elfe et maïa dans les veines; cette influence se fait surtout sentir dans les rangs de la noblesse, mais les Dunedain d'origine plus modeste en bénéficient également: l'espérance de vie est la double de celle allouée aux autres humains, les hommes mesurent en moyenne 1m95 pour 100 Kg, et les femmes 1m75 pour 65 Kg. Ils devinrent maîtres en tous les arts et experts en toutes les sciences, eux les élèves les plus doués des Elfes. Dunedain en société En explorant les Terres du Milieu, ils enseignèrent ces arts aux autres hommes, et fondèrent des colonies nombreuses: Lond Daer, Tharbad, Pelargir, Osgiliath, Umbar, ... Mais leurs dons les rendaient plus amers encore de ne pas jouir de l'immortalité des Elfes. Ils en vinrent à les jalouser, et une partie des Nüménoriens se détourna du bien. Les Fidèles aux Elfes se mirent à migrer en masse vers les colonies septentrionales (vallées du Gwathlo et de l'Anduin), tandis que les Nüménoriens Noirs fortifiaient Umbar. La guerre civile commença en Nüménor, et la folie atteignit les Nüménoriens Noirs lorsqu'ils décidèrent de prendre les Terres Immortelles d'assaut. Les derniers Fidèles fuirent vers les Terres du Milieu, tandis que Nüménor, l'île de beauté, sombrait en représailles dans les flots. Elendil le Grand, prince des Fidèles, fuyant l'apocalypse, accosta en Endor et fonda les "Royaumes en exil", Arnor et Gondor, constamment en guerre contre les pirates d'Umbar. Depuis les Dunedain perpétuent le souvenir de Nüménor la Belle... Leur peau est claire, leurs cheveux sont en général foncés et leurs yeux gris-mer ou bleus.
Dunedain en société Leur masse imposante leur confère une endurance extraordinaire par rapport aux autres humains. Ces traits s'amenuisent pourtant au fur et à mesure du brassage avec la population de Gondor. Les Dunedain (Singulier: Dunadan) portent des habits et parures très élaborés et vivent dans des cités très confortables dont l'architecture a hérité de la gloire passée de Nüménor. Leur attachement aux traditions ne les empêche pas d'être très entreprenants et imaginatifs.
Ils parlent le Langage Commun mais aussi un peu de l'antique langue de Nüménor, l'Adunaïc, ainsi que la langue des Elfes Sindarins, qui sert dans toute écriture. Leur religion est personnelle et restreinte: ils vénèrent Illüvatar - le créateur universel - et les êtres qu'il a engendrés: les Valar et les Maïas. Ils sont seuls parmi les humains à savoir, grâce à l'enseignement des Hauts Elfes, que les Valar ne sont pas des Dieux à part entière, et que l'histoire du monde n'est connue et voulue que par une entité unique: Illüvatar. Ils craignent la mort, étant parfaitement conscients des possibilités, des dons et des compétences que les Valar leur ont accordés.



CHRONIQUES D'EMYN POROS :
La légende de Yarvha la mère-araîgnée
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Aux temps des anciens, Maedhros l'héritier de Fëanor rassembla sous sa bannière des tribus humaines d'orient. Ulfang le Noir et ses fils firent allégeance à Caranthir peu avant Nirnaeth Arnoediad. Uldor, Ulfast et Ulwarth trahirent leurs alliés elfiques et se retournèrent contre les armées des fils de Fëanor. La tribu de Bör vengea cette trahison en protégeant la retraite des armées orientales des elfes. Bör tua de sa main Ulfang le Noir puis tomba à la tète de sa garde personnelle. Ses fils Kör et Kärv tinrent les arrières des fils de Fëanor en déroute durant 2 jours avant de faire retraite à leur tour. Il conduisit leurs troupes hors d'Ard-Galen vers l'est puis attaquèrent les collines de Lothlann que les orcs avaient déjà envahies et délivrèrent leurs familles. Poursuivis par des forces très supérieures en nombres, ils demandèrent asile aux nains de Belegost qui le leur refusèrent. Depuis ce temps les descendants de Bör ont juré de ne rien accepter des Khazad. Les fils de Bör furent repoussés vers Dorthonion où ils se terrèrent quelques temps.

Dans les collines dévastées, une partie de la tribu, menée par Keör fils de Kör et Yarvha fille de Kärv se rebella contre leur destinée, remettant en cause la fidélité aux Eldar : à quoi servait de souffrir pour des seigneurs incapables de les conduire à la victoire et à la paix ? La tribu de Bör résolut alors de suivre son propre destin. Après quelques jours de repos, ils durent à nouveau fuir avec armes, familles et bagages devant l'avancée des orcs. Contraints de fuir, ils s'avancèrent vers Ered Gorgoroth dans l'espoir de rejoindre les confins de Doriath.
Au passage de la vallée maudite de Nan Dungortheb, Kör se trouva en avant de la tribu car tous ses éclaireurs faisaient défaut. Les créatures qui peuplaient la vallée avaient raison de leur volonté et de leurs forces. Seuls Kör, Kärv et Keör tenaient face à ces horreurs, protégés par les charmes magiques de la douce et ferme Yarvha.

 Au plus profond du ravin, ils durent combattre une immense araignée maléfique, une descendante qu'Ungoliant laissa dans son venimeux sillage. A l'orée de son antre puant, pendant que Kör et Këarv tenaient le monstre en haleine, Kärv parvint à voler quelques-uns des œufs de la créature. Kör finit par succomber aux morsures empoisonnées du monstre. Fou de rancœur, Kärv se dressa alors devant l'araîgnée, la menaçant de détruire ses œufs si elle ne laissait pas passer la tribu de Bör, sauve.

De rage devant un tel aplomb, le monstre conçut alors un dessein plus noir que tous ses méfaits antérieurs. L'araîgnée prit alors une forme elfique et offrit à Kärv de faire revenir son frère d'entre les morts, par le pouvoir des joyaux que sa mère lui transmit autrefois… en l'échange d'une heure de l'existence de Kärv. Kärv confia alors les œufs à sa fille et accéda au désir du monstre. Eblouï par un puissant charme, il s'unit au monstre, … qui le dévora. Thorondor le puissant Seigneur des Vents surgit alors des cieux pour chasser la créature.

Keör le fils de Kärv, furieux de la duplicité du monstre, demanda alors aux Valar le droit à l'immortalité que le monstre avait refusé à son père. Le Grand Aigle lui répondit que ce droit avait été conféré contre la nature profonde des Edain, aux seules filles que Kärv venait de donner à la Reine des Araîgnées. Comprenant l'horreur de la situation, la douce Yarvha détruisit alors les œufs nouvellement pondus de la monstrueuse créature et scella ainsi son destin. Thorondor fut alors prit de courroux : sur l'ordre de Manwë, il changea Yarvha en une grande araîgnée, pour la punir de son acte fratricide.

Les fils de Keör refusèrent de rejoindre les Edain qui se virent offrir l'île de Numenor. Ils errèrent aux confins de Brethil durant quelques années, sous la conduit de Këor, qui ne perdit pas espoir de porter secours à sa cousine. Ils y firent alliance avec les Woses et résistèrent quelques temps aux hordes d'orcs qui déferlaient du Nord. On dit qu'une araîgnée géante fut parfois vue aux abords de Brethil, à dévorer des orcs et porter secours aux Edain. De guerre lasse, la tribu de Këor finit par reprendre la route d'Eriador. Ils se détournèrent tant de l'ombre et de ses promesses, que des Eldar et de leurs splendeurs. Leurs descendants, les Karveks se montrèrent très épris de leur indépendance. Le culte de la Mère Noire, totem tutélaire de la tribu, resta longtemps ancré dans la tribu. Depuis les jours anciens, aucun Karvek ne s'autorise à tuer une araignée, quelquesoit sa taille...
On dit que les princes de Yavîn descendent des fils de Këor.


CHRONIQUES D'EMYN POROS :
Le Grand Félin Blanc des montagnes.
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La légende reportée ici est une transcription très littérale du récit d'un habitant du Haut Pays Karvek au soir de sa vie. Il s'agit d'une transmission orale portant des mythes et des valeurs Karveks très forts... Elle montre le ressentiment qui subsiste envers les envahisseurs Gondoriens. Darec était un jeune homme des montagnes du pays de nos ancêtres. Il était fier et impitoyable et vénérait les pères de sa tribu, jamais il ne s'excusait ni n'acceptait de l'aide de la part d'un étranger. Darec haïssait les Hommes Lourds car ils sont stupides, mécréants et qu'ils tuèrent nos ancêtres. Chaque lune il allait au temple donner son offrande de plantes magiques au félin des montagnes qui veille sur notre peuple en attente de la Grande Gloire. Darec était religieux et fier, comme le sont tous les vrais Karveks... Darec était rapide et silencieux. Il réussit à voler sa femme tout seul, la fille de son ennemi héréditaire, un gros marchand qui se prenait pour un Homme Lourd. Il l'emprisonna pour la dresser - car elle parlait comme un homme! - et il eut bientôt un " animain ".
Sourire d'une princesse heureuse Cet animain criait beaucoup, et Darec sut qu'il serait très fort et très rapide... il décida donc de l'éduquer lui-même et omit de le soumettre à l'épreuve du Grand Félin des Montagnes... Quelques jours plus tard, Darec chassait dans les montagnes, lorsque lui apparut le Grand Félin : une créature immense, grande comme un homme, à la toison claire tachetée de roux, le fixait de ses yeux bleus fantastiques: " Darec ! ", lui dit-il, " je viendrai ce soir chercher l'animain qui me revient, car tu l'as soustrait à l'épreuve rituelle, et il est l'un des élus ! " Darec, dans sa folie, s'en fut en courant vers sa demeure, et cacha l'animain dans la vallée, pour que le Grand Félin ne le trouva pas. Mais celui-ci se mit à crier, ce qui attira les soldats des Hommes Lourds qui passaient par là... Ils voulurent le prendre et l'emmener avec eux pour en faire un des leurs. Cela Darec ne put l'accepter: il attaqua les Hommes Lourds, seul, et en fit un grand carnage! Il allait succomber et rejoindre la vie éternelle des guerriers lorsque le Grand Félin vola à son secours et dévora tous les soldats... Empli de l'honneur divin, Darec offrit son animain au Grand Félin en gage du sang, ce qui est le plus grand Acte Pieux du Pays Karvek. Ce fils devint un sage de la tradition Karvek, et bien que Darec ne le revit plus jamais, il en fut très heureux et très honoré.
Depuis Darec respecte le Grand Félin des Montagnes et son culte: il n'écoute plus les mensonges des hommes lourds qui n'éduquent pas leurs animains dans la manière Karvek. Car les Hommes Lourds veulent la mort de la nation Karvek en provoquant la colère du Grand Félin: pour aider son peuple le Félin doit s'assurer de la force de ses enfants, c'est une loi séculaire et une tradition qui ne doit pas être perdue... Plus tard les treize fils de Darec furent forts et fiers eux aussi: ils tuèrent les chiens dans la fosse car ils s'aidaient comme des frères. Leur père les récompensa comme des adultes: ils purent voler leurs premières servantes et être des hommes. Beaucoup d'entre eux épousèrent même des prêtresses... Tous vécurent libres et fiers, lavant dans le sang les insultes des Hommes Lourds envers le Grand Félin Blanc... On dit dans les huttes du Haut Pays, que le fils de Darec fut Harh Yavïn, héros parmi les plus nobles du Karvendor.
NOTES *: ce mot n'existe pas dans la noble langue Sindarine: il désigne un bébé, intermédiaire entre l'humain et l'animal, non encore parvenu au rang d'humain. Pour les Karveks, les femmes restent toute leur vie des " animains ", tandis que seuls les garçons reçoivent éducation pour devenir des " hommes ", c'est-à-dire des non-esclaves! Une exception notoire est celle des femmes dignitaires: les Animistes de l'Antique Foi, les mères de grandes familles...
**: un nourrisson mâle doit passer un jour entier sans manger dans le temple du Grand Félin Blanc, pour être admis au rang d'humain. Il arrivait autrefois que les animistes gardent un tel nourrisson pour en faire un serviteur de l'Antique Foi.
***: à l'âge de 9 ans, les jeunes garçons Karveks passent l'épreuve de la fosse: après être restés 2 jours sans manger, ils sont précipités dans une fosse avec de la viande fraîche, en même temps qu'un Chien Hurleur adulte affamé. Pour trouver la force de sortir de la fosse, il leur faut manger à tour de rôle et donc repousser les attaques de l'animal... A l'âge de 12 ans, ils sont chassés définitivement de chez eux, et se débrouillent seuls. La plupart du temps, ils partent d'eux-mêmes et s'engagent pour survivre dans le Corps de Garde de leur clan ou chez des artisans.

CHRONIQUES D'EMYN POROS :
L'araignée de la nuit.
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Le poème qui suit met en avant un thème fondamental de la mythologie Karvek: la vie éternelle à travers la renaissance de la gloire de jadis... renaissance comme seule une vie conforme au cycle immuable de l'honneur et des devoirs Karveks peut l'apporter.
Vitalité de la jeunesse,
Sang et Force de l'Haï,
Calme dans la fureur:
Certitude du devoir
et de l'honneur guerriers,
Essence de vie pour la Mère
aux milles regards.
Ténacité de la maturité,
Travail de la raison,
Culture de la Main Verte
aux sept pouvoirs
Savoir de la vieillesse,
Science des ancêtres de pierre,
Maître en Magie Vitale
et Princes des Plantes Magiques
Trois forces unies par la Mère Noire,
Qui prépare le renouveau Karvek,
Renouveau des Ancêtres,
Renouveau d'une vie éternelle,
Où vitalité, Effort et Savoir
ne font qu'un au coeur du temps ténébreux...
NOTES Les érudits d'Emyn Poros ont interprété ce poème comme un hymne à la " Mère Noire " (araignée jugée mythique par les Dunedain, mais qui existe bien: il s'agit de DürCenn), qui promet au peuple Karvek de lui redonner sa gloire d'antan, si celui-ci lui fournit suffisamment d'essence vitale, c'est-à-dire de vies humaines. Par cet artifice nécromantique, la déité -ou plutôt ses trois Grands Prêtres- promet de réunir dans les revenants ainsi créés, la vitalité, la ténacité et le savoir, qualités qu'aucun humain ne peut avoir simultanément de son vivant, mais qu'il possède seulement une par une lors de ses âges successifs.


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